Marion, 21 ans, Suisse.
Ecriture, dessin, photos.
Tatoo, piercings, concerts, music.
Indochine since feb. 2002.
In love <3.

 

Je n’arrive pas encore à y croire

Je l’ai terminé. Une année, dix mois et semaine après, jour pour jour. J’ai mis le point final à mon premier roman. Je peux le dire ce soir : depuis hier, Rainy Day existe. Je me sens toute bizarre… c’est comme si j’avais achevé une partie de moi et que j’ouvre une nouvelle porte. Maintenant, je vais attaqué la relecture et les corrections mais Rainy Day est là. Ce n’est plus un songe. Et c’est merveilleux.

Le cœur serré

Parce que c’est un dimanche noir pour la Suisse. Parce que la terre d’accueil qui avait ouvert ses portes à ma fille se remplit de haire. Parce que l’étranger est marqué au fer rouge. Parce qu’une branche d’irresponsables populistes se sent désormais protégé. Parce que tous ceux qui ont dit oui n’ont vu que la symbolique de la chose et ont fermé les yeux sur son application réelle. Ce soir, j’ai le cœur serré parce que le pays que je croyais être le mien choisi de refuser les gens comme nous. Qui avons travaillé la terre et construit les maisons de ces Suisses pure souche. Qui avons trimé pour nous faire accepter. Qui nous sommes relevés des menaces éternelles sur nous autres “ritals, portos” et autres ethnies. Ce soir, je n’ai plus envie d’être fière de mon drapeau rouge et blanc. Ce soir, je ne me suis jamais autant sentie ancrée au sol de l’Italie qui a vu naître mes prédécesseurs. Ce soir, je revendique mon nom et mes origines comme une fierté à part entière loin des reliefs enneigés de ce pays neutre. Ce soir, je suis valdotaine et piémontaise plus que jamais. Ce soir, je repasse la frontière dans l’autre sens pour aller demander pardon à ceux qui attendent de l’autre côté. Ce soir, je ne trouve pas le juste mot pour hurler ma rage contre ceux que je voyais comme des personnes prêtes à tendre la main. C’est mon sang italien qui bouillit dans mes veines ce soir. Parce que je ne suis pas de cette Suisse là. Pas de cette Suisse haineuse. Ce soir, j’ai le cœur serré d’avoir cru en cette terre et de savoir que mes pères ont dit merci. Merci à une terre qui les hait aujourd’hui.